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Hypercroissance post-levée de fonds : ce "détail" humain qui peut tout faire basculer.

  • Aliénor Escolivet
  • 3 déc. 2025
  • 11 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 déc. 2025



3 mois après la levée de fond, votre Head of Sales claque la porte. Sans préavis, sans signal.


Votre CTO et votre COO ne se parlent plus qu'en réunion plénière, avec une froideur professionnelle qui glace l'ambiance. Vos premiers employés murmurent dans les couloirs : "Ce n'est plus comme avant".


Sur le papier, tout roule. Les KPIs sont au vert. Les recrutements s'enchaînent. Les investisseurs sont satisfaits. La roadmap est ambitieuse mais tenable.


Et pourtant, quelque chose se fissure. Quelque chose qui ne se voit pas sur les tableaux de bord. Quelque chose que vous sentez sans pouvoir le nommer précisément.


Vous êtes arrivés à ce moment de bascule de l'hypercroissance, celui où l'infrastructure humaine ne suit plus la vitesse stratégique.




L'amplificateur sans filtre : ce qu'une levée de fonds met réellement en mouvement.



Une levée de fonds majeure agit comme un amplificateur de puissance. Elle accélère tout : les moyens, les attentes, les rythmes, les écarts, les tensions latentes.


Ce qui fonctionnait à 30 explose parfois à 120.

Ce qui était fluide à l'échelle humaine devient brutalement systémique.

Ce qui se régulait par la proximité demande maintenant des process formels.


Et dans cette accélération, un "détail" est encore trop souvent relégué au second plan : les dynamiques humaines.


Pas par désintérêt. Mais par effet tunnel.

Parce que la pression stratégique, opérationnelle et financière aspire toute l'attention. Les urgences visibles prennent le pas sur les vulnérabilités qui opèrent sous la surface.


Et puis, "l'humain", on s'en occupera "après". "On a plus important à faire maintenant".

Sauf que l'humain n'attend pas. Il encaisse, s'adapte, résiste, se suradapte, se tait. Ou implose.


Et ce n'est pas un supplément d'âme dont on parle ici. C'est l'interface vivante entre votre vision et sa réalisation. C'est le système nerveux de votre organisation. C'est ce qui transforme la stratégie en décisions, les décisions en actions, et les actions en résultats.




La scène classique post-levée : tout va plus vite, sauf les dynamiques humaines.



Les signes sont presque toujours les mêmes.


Le rythme s'emballe. Les recrutements s'enchaînent, parfois 15 personnes en un trimestre. Les strates de management se créent à marche forcée. Les outils changent (nouveau CRM, nouveau SIRH, nouvel ERP). Les process se rigidifient pour "scaler". La gouvernance évolue, les investisseurs entrent au board. Les exigences se durcissent. Les fondateurs voient leur rôle se transformer radicalement.


Et pendant ce temps, l'humain encaisse la charge, absorbe les changements, cherche ses nouveaux repères. Il perd parfois (souvent) ses anciens. Il se demande où il en est vraiment dans cette nouvelle configuration.


Et concrètement, on a Aurore, Directrice Marketing historique, qui apprend lors d'un CODIR qu'un VP Marketing externe sera recruté au-dessus d'elle. On lui dit que c'est "logique à ce stade". Elle hoche la tête. Ne dit rien. Mais intérieurement, quelque chose vient de se briser. Elle ne se projette plus. Son engagement fond en silence. 3 mois plus tard, elle part.


Ce type de micro-fractures se produit partout, simultanément, dans des configurations différentes. Et personne ne les voit arriver ou ne s'en rend compte sur le moment.




Ce que la croissance met réellement sous tension : le triptyque humain



Dans toute organisation, trois dynamiques structurantes sont en permanence imbriquées :



1. Les dynamiques individuelles.


Identité professionnelle, sécurité interne, sentiment de légitimité, motivation, fatigue, projections personnelles.

Comment chaque personne pense, ressent, se positionne, s'adapte ou résiste.


Sous tension, ça donne :


Des collaborateurs qui vivent un sentiment de déclassement brutal, d'insécurité quant à leur place, d'illégitimité soudaine face aux nouveaux profils recrutés. Ou à l'inverse, une montée de toute-puissance chez ceux qui se sentent portés par la vague. Les écarts psychologiques se creusent vite.


Ex. : Julian, développeur senior, se retrouve à former 3 juniors en 1 mois tout en livrant ses sprints. Il ne dort plus bien. Il n'ose pas dire qu'il n'y arrive plus. Jusqu'au jour où il pose un arrêt.



2. Les dynamiques collectives.


Confiance, alliances, rivalités, conflits ouverts ou larvés, circuits informels, protections collectives.

Comment les équipes se lient, se coordonnent, se fragmentent ou se soudent.


Sous tension, ça donne :

Les relations se clivent. Les non-dits se densifient. Les protections relationnelles s'organisent en sous-systèmes ("nous les anciens" vs "eux les nouveaux", "le siège" vs "les ops", "la tech" vs "le business"). Les conflits latents montent en température sans jamais éclater officiellement, mais en opérant en sous-terrain. On parle moins. On s'évite. On passe par Slack plutôt que de se voir.


Ex. : L'équipe produit et l'équipe commerciale ne se parlent plus que par tickets. Les réunions communes deviennent des joutes passives-agressives. Plus personne ne dit "on", tout le monde dit "vous".



3. Les dynamiques organisationnelles.


Rôles, pouvoirs, règles formelles et informelles, circuits de décision, légitimités implicites.

Comment les structures, les process, les flux, l'influence et le pouvoir se distribuent.


Sous tension, ça donne :

Les cartes se redistribuent. Les anciens référents peuvent perdre leur statut sans que ce soit explicité. Des managers "techniques" deviennent décisionnaires sans avoir été préparés au leadership humain. Les luttes d'influence se déplacent. Les process se multiplient pour cadrer, mais génèrent de la lourdeur et du contournement. La décision devient opaque.


Ex. : Sébastien, ancien lead technique devenu manager, se retrouve à gérer 12 personnes. Il ne sait pas mener un entretien difficile. Il sur-contrôle ou il lâche tout. Son équipe souffre, mais il ne le voit pas.


C'est précisément dans cet entremêlement des 3 plans - individuel, relationnel, organisationnel - que naissent les premières fragilités dynamiques de l'infrastructure humaine.




Les dynamiques critiques qui se mettent en mouvement



Lorsque la croissance s'accélère, ce ne sont pas des "problèmes" isolés qui apparaissent. Ce sont des dynamiques systémiques qui s'intensifient, se dégradent ou entrent en collision.


En voici quelques-unes parmi les plus structurantes :



La dynamique de structuration/déstructuration


L'organisation oscille entre rigidification procédurale (tout devient process pour "scaler") et chaos organisationnel (personne ne sait plus qui fait quoi). Les rôles se multiplient plus vite que la clarté. Les périmètres se chevauchent. L'organigramme affiché ne correspond plus au fonctionnement réel.


Ex. : Sébastien, ancien lead technique devenu manager, se retrouve à gérer 12 personnes sans avoir jamais été formé. Il ne sait pas mener un entretien difficile. Il sur-contrôle ou il lâche tout. Son équipe souffre, mais il ne le voit pas.



La dynamique de concentration/distribution du pouvoir


Le pouvoir se redistribue brutalement. Les fondateurs doivent lâcher prise, mais ne savent pas toujours comment. Les nouveaux managers veulent prouver leur légitimité. Les anciens référents perdent leur statut sans que ce soit explicité. La décision devient opaque, verticale, ou au contraire diluée dans des process interminables.


Paralysie décisionnelle. Conflits de légitimité. Perte de confiance dans le leadership.


La dynamique de confiance/méfiance


La confiance qui existait à 30 ne se transmet pas automatiquement à 120.

Les nouveaux arrivants ne bénéficient pas du capital relationnel accumulé. Les circuits informels se cassent. Les non-dits s'accumulent. La sécurité psychologique s'érode sans qu'on s'en rende compte, jusqu'au jour où plus personne n'ose dire ce qui coince.


Ex. : L'équipe produit et l'équipe commerciale ne se parlent plus que par tickets. Les réunions communes deviennent des joutes passives-agressives. Plus personne ne dit "on", tout le monde dit "vous".


Perte de cohésion. Isolement. Fragmentation des équipes. Baisse de performance.



La dynamique de cohésion/fragmentation


Le "nous" initial se fissure. Des sous-groupes se forment : les anciens vs les nouveaux, le siège vs les ops, la tech vs le business. Les frontières internes se durcissent. Chacun défend son territoire. L'énergie collective se disperse dans des guerres de clocher au lieu de servir la mission.


Silos imperméables. Perte d'intelligence collective. Coordination par escalade hiérarchique permanente.



La dynamique d'accélération temporelle


Tout se compresse. Les délais raccourcissent. L'urgence devient la norme. Le temps de la réflexion disparaît derrière l'opérationnel immédiat. L'organisation entre en mode réaction permanente. Les individus perdent leur capacité à se projeter. On survit au trimestre suivant sans plus voir à 18 mois.

C'est ce que je nomme "l'intoxication opérationnelle"; ce glissement subtil par lequel l’opérationnel, sous couvert d’efficacité, expulse progressivement la pensée stratégique du champ du prioritaire, voire du nécessaire.


Fatigue décisionnelle. Perte de vision stratégique. Sentiment de tourner en rond malgré l'activité frénétique.



La dynamique de circulation/rétention des ressources


L'information, les budgets, les compétences clés : tout circule différemment. Des goulets d'étranglement apparaissent. Certains services sont sur-dotés, d'autres sous-équipés. L'information critique arrive trop tard ou pas du tout. Les circuits parallèles deviennent plus fiables que les circuits officiels. La rétention devient une arme de pouvoir.


Décisions prises sans vision complète. Inégalités de moyens flagrantes. Opacité généralisée.



La dynamique de reconnaissance/invisibilisation


Qui est vu, qui ne l'est plus ? Les contributions qui comptaient avant deviennent invisibles. De nouvelles fonctions attirent toute l'attention. Des collaborateurs clés se sentent dévalorisés sans qu'on l'ait voulu. La reconnaissance devient inégale, opaque, parfois arbitraire. Le sentiment d'injustice monte.


Ex. : Julian, développeur senior, se retrouve à former 3 juniors en 1 mois tout en livrant ses sprints. Il ne dort plus bien. Il n'ose pas dire qu'il n'y arrive plus. Jusqu'au jour où il pose un arrêt. Personne ne l'avait vu venir.



La dynamique identitaire individuelle


Au niveau des personnes : "Qui suis-je maintenant dans cette nouvelle organisation ?"

Sentiment d'imposture face aux nouveaux profils recrutés. Perte de légitimité. Besoin de jouer un rôle. Dissonance entre ce qu'on est et ce qu'on doit paraître. Fragmentation identitaire chez ceux qui ne se reconnaissent plus.


Désengagement invisible. "Quiet quitting" structurel. Départs brutaux de profils clés.



Et bien d'autres encore


Dynamiques motivationnelles (désengagement silencieux), cognitives (saturation mentale, rigidification de la pensée), émotionnelles (anesthésie ou débordement), spatiales (perte de repères physiques), de régulation des tensions (conflits qui pourrissent), de sens partagé (cynisme collectif)...


Dans mes interventions, je cartographie jusqu'à 25 dynamiques en interaction. Mais ces 8-là suffisent déjà à expliquer 80% des crises que vous rencontrez en phase de scale-up.




Ce qui rend ces dynamiques dangereuses : les cascades d'amplification



Ce qui rend ces dynamiques vraiment toxiques, ce n'est pas qu'elles existent. C'est qu'elles s'amplifient mutuellement en cascade.


Ex. de spirale dysfonctionnelle classique :



L'accélération organisationnelle génère de l'épuisement individuel

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qui crée de l'irritabilité et de l'intolérance au stress et à la frustration

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qui fragmente le collectif

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qui érode la confiance

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qui produit une fermeture relationnelle

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qui bloque la circulation d'information

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qui ralentit les décisions

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qui intensifie l'urgence

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qui accélère encore plus l'organisation



Au final : un cercle vicieux qui s'auto-alimente.


L'organisation court de plus en plus vite pour finalement s'épuiser et ralentir. Et risquer le point mort. Paradoxe ultime de l'hypercroissance qui se retourne contre elle.




Quand l'infrastructure humaine est mise de côté : les risques concrets et mesurables



Mettre l'humain au second plan dans une phase de scale-up ne crée pas immédiatement un crash visible. Ce ne sont pas des explosions. Ce sont des glissements progressifs, des micro-effondrements qui s'accumulent :


  • Perte d'engagement silencieuse : les collaborateurs restent mais ne donnent plus que 60% d'eux-mêmes

  • Désalignements stratégiques entre CODIR, middle management et terrain : 3 lectures différentes de la même direction

  • Inflation des conflits latents qui ne remontent jamais en surface mais polluent toutes les interactions

  • Décisions prises en silo parce que les canaux transverses ne fonctionnent plus

  • Développement d'une culture de la peur du faux pas : on ne teste plus, on ne challenge plus, on valide

  • Turn-over des profils clés : ceux qui pourraient porter la suite partent, souvent brutalement

  • Fatigue managériale chronique : les managers tiennent par adrénaline, puis craquent

  • Affaiblissement de la capacité d'adaptation : l'organisation devient rigide, défensive, lente


Et voici le coût caché :


Un turnover de cadre coûte entre 150% et 300% du salaire annuel en recrutement, formation, perte de mémoire, impact sur les équipes.


Un désalignement CODIR retarde les décisions structurantes de 4 à 8 semaines en moyenne.

Une perte de sens collective tue 20 à 30% de productivité avant même que ça se voie dans les chiffres.


L'organisation continue d'avancer. Mais elle le fait avec des micro-fractures internes. Et dans un environnement aussi instable que celui de l'hypercroissance, ces micro-fractures deviennent des failles d'efficacité, de fiabilité, de résilience, puis de réputation.


L'infrastructure humaine devient alors l'activateur silencieux de l'échec, alors qu'elle aurait pu rester le garant du succès.




Ce que les dirigeants sentent sans toujours savoir le nommer.



Beaucoup de dirigeants expriment les choses de cette manière :


"On a eu tout ce qu'il fallait et pourtant ça a coincé."

"Les chiffres sont bons, mais l'ambiance se dégrade."

"Les équipes sont compétentes, mais quelque chose s'est cassé."

"Je sens des résistances qu'on n'avait pas avant."

"On dirait que tout le monde joue un rôle, c'est plus comme avant."


Ce qu'ils sentent, c'est un désalignement dynamique : entre la vitesse de la stratégie, la maturité humaine du collectif, et la capacité réelle de l'organisation à absorber le changement sans se rigidifier ou se fragmenter.


C'est le moment où l'infrastructure humaine ne suit plus. Et où personne ne sait par quel bout la réparer.




Sécuriser, canaliser, ajuster : le rôle stratégique du travail sur les dynamiques humaines.



Intervenir sur les dynamiques humaines après une levée de fonds ne consiste pas à "apaiser" ou à "mettre du care". Ce n'est pas du team-building. Ce n'est pas de la gestion de conflits en surface.


Il s'agit de :


  • Sécuriser les zones de tension dynamiques pour éviter les goulots d'étranglement et les implosions différées

  • Canaliser les forces en présence (et elles sont nombreuses) pour éviter la dispersion des énergies - l'entropie -

  • Ajuster les rôles, les postures, les circuits de décision et de communication, les règles du jeu à la nouvelle réalité de l'entreprise

  • Redonner de la lisibilité là où la croissance crée naturellement du brouillard

  • Reconnecter les 3 plans - individu, relationnel, organisationnel - pour qu'ils avancent ensemble et non en opposition


C'est un travail de cartographie des dynamiques, d'identification des zones de friction, des points d'appui, des déséquilibres de pouvoir, des ruptures de sens, et des ressources humaines sur lesquelles l'organisation peut réellement, et doit, s'appuyer.


Ce ne sont pas les dynamiques elles-mêmes qui posent problème. C'est leur déséquilibre simultané non accompagné qui peut mettre en péril l'organisation.


Ce n'est pas du conseil RH. C'est de l'ingénierie humaine au service de la performance systémique.




Le sujet n'est pas "est-ce que ça va trop vite ?"



C'est une réalité avec laquelle composer.


Mais, il est important de vous questionner sur ce point:

"Est-ce que notre infrastructure humaine peut soutenir cette vitesse sans se fissurer et s'éffondrer ?"


La levée de fonds donne des moyens.

La stratégie donne une direction.

Et ce sont les dynamiques humaines qui donnent, ou non, à l'organisation la capacité réelle de traverser l'hyper-croissance sans perdre son âme, son énergie et son intelligence collective.


Ignorer cette couche, c'est construire une fusée avec une structure mentale restée à l'échelle d'une start-up de 15 personnes.

Ça tient. Jusqu'à ce que ça ne tienne plus.




Signaux d'alerte : êtes-vous concerné ?



Un autodiagnostic rapide en 8 questions :


  1. Avez-vous perdu un cadre clé dans les 6 derniers mois, de manière inattendue ?

  2. Vos managers vous remontent-ils que "quelque chose ne fonctionne plus" sans pouvoir le nommer précisément ?

  3. Sentez-vous une lassitude collective malgré des résultats corrects sur le papier ?

  4. Les conflits entre équipes ou entre membres du CODIR sont-ils devenus plus fréquents ou plus tendus ?

  5. Constatez-vous une baisse de participation aux réunions, moins de prises de parole, moins de débat ?

  6. Les décisions importantes traînent-elles anormalement longtemps ?

  7. Les nouveaux recrutements peinent-ils à s'intégrer ou repartent-ils vite ?

  8. Avez-vous vous-même le sentiment que "ce n'était pas censé se passer comme ça" ?


Si vous répondez oui à 3 questions ou plus, ce n'est pas qu'un simple problème RH. C'est avant tout un problème de dynamiques humaines, d'infrastructure humaine. Et il est déjà en train d'influer sur votre croissance.




Et maintenant ?



Si vous êtes dirigeant, membre de CODIR ou RH dans une entreprise en hypercroissance, la question n'est pas de savoir si ces dynamiques existent.


Elles sont déjà là. Elles s'expriment déjà.


Mais plutôt de savoir si vous les voyez clairement ou si vous commencez déjà à en subir des effets délétères.


Entre voir et subir, il y a toute la différence entre une croissance puissamment structurante et dynamique et une croissance qui s'épuise sur elle-même.


Les dynamiques humaines ne sont pas une simple question QVCT. C'est avant tout le socle qui détermine si vous allez scaler ou vous effondrer sans un bruit. A part celui de l'impact final.




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